Ils en ont marre du compte d'éditeur (20/01/10)
Marc-Edouard Nabe se lance dans l’auto-édition et vend les 1000 exemplaires de son nouveau roman L’homme qui arrêta d’écrire sur marcedouardnabe.com. « Au lieu de toucher mes misérables 10% de droits d’auteur, désormais je serai à 70%. » J’ai lu cette brève dans Livres Hebdo 804. Si j’ai décidé d’y consacrer un billet à part entière, c’est parce qu’une autre auteur réfléchit de plus en plus à cette voie également, alors qu’elle était aussi éditée à compte d’éditeur. Ce phénomène semble se développer puisqu’en ce moment, je travaille sur la mise en page d’un livre pour le compte d’un auteur qui laisse lui aussi tomber le compte d’éditeur et qui préfère financer lui-même son livre et récupérer les bénéfices. Mais qu’est-ce qu’ils ont tous à fuir le compte d’éditeur ?
C’est marrant comme les lignes bougent : avant, le compte d’éditeur c’était le top et le reste de la merde (auto-édition, compte d’auteur, impression à la demande).
C’était l’avis de la dame en tout cas : après avoir commencé par du compte d’auteur, elle avait décroché un contrat chez un éditeur. On allait voir ce qu’on allait voir, elle avait enfin un éditeur avec un service de presse et de la diffusion-distribution au plan national. Elle allait exploser les ventes et vivre de ses droits d’auteur.
Et patatras, les livres ne se vendent pas, les droits d’auteur sont ridicules et l’éditeur ne donne les chiffres de vente qu’au compte-gouttes. Du coup, elle souhaiterait aussi s’auto-éditer et m’a demandé si je pouvais m’occuper de la mise en page le jour où elle se lancera.
Je ne sais pas si c’est un effet de mode ou si ça va durer, mais en tout cas, voilà trois auteurs qui rendent leur tablier en un rien de temps, alors que c’est difficile de décrocher un contrat à compte d’éditeur.