Les techniques pour ne pas payer les éditeurs (11/03/10)
J’ai passé l’après-midi d’hier à téléphoner aux librairies ayant des livres en dépôt, afin de faire un point. Avec la plupart, ça se passe bien : ils me disent ce qui leur reste et moi je note en même temps sur mon tableau que j’ai sous les yeux.
Sur ce tableau, chaque librairie est listée avec les titres commandés, les dates des envois, le nombre de livres expédiés, les factures déjà réglées, le stock en librairie. Si au dernier pointage la librairie avait 5 livres en stock et qu’elle me dit qu’elle n’en a plus qu’un, je fais une facture pour 4 exemplaires.
J’ai besoin de l’information du nombre de livres en stock pour éventuellement faire les factures. Et des librairies sont douées au jeu du cache-cache. Elles ont plusieurs techniques au téléphone. Voici les cas constatés hier dans trois points de vente de Lusignan, Paris et Joinville :
Lusignan
Lors du dépôt, j’ai eu affaire au téléphone à Mme X. C’est avec elle que j’ai discuté le prix et les quantités. Jusque là ça va. C’est après que ça se complique. Quand j’appelle, je tombe toujours sur Mme Y. Comme c’est Mme X qui gère les dépôts, elle ne peut pas me renseigner (ou ne veut pas). Mais quand je lui demande de me la passer, il y a toujours un hic :
- Mme X ne travaille pas aujourd’hui
- Mme X est en vacances
- Mme X est en rendez-vous avec un représentant
- Mme X est occupée avec un client
« Elle vous rappellera ». Tu parles, j’attends toujours ! Pendant ce temps-là, les livres se vendent…
Paris
Autre style, la faute à la collaboratrice.
Le libraire d’hier m’a indiqué qu’il avait chargé sa collaboratrice de m’envoyer un mail avec les quantités vendues la semaine dernière. « Ben non, je n’ai rien reçu ». Il m’a promis qu’elle le ferait hier soir. Et ce matin, rien dans la messagerie. Je m’y attendais un peu.
Joinville
Pour terminer, le trucage des chiffres.
La libraire m’indique qu’elle a tout réglé la dernière fois et qu’elle n’a plus de livres. « Non madame, vous aviez encore 10 livres en stock ». Embarras à l’autre bout du fil. Sous les yeux, j’ai dates d’envoi, quantités, numéros des factures réglées. Du bout des lèvres, elle reconnaît que oui, effectivement, il en restait 10 en stock. Comme il n’y en a plus, je vais lui faire une facture pour ces 10 exemplaires. N’empêche qu’elle a essayé de les gruger à son profit. Ça arrive de temps en temps lors des dépôts. Vous mettez par exemple 10 livres. Quand vous effectuez le pointage, il reste 3 livres. Vous dites au libraire que vous allez donc faire une facture pour 7 livres (10-3). Mais il arrive que le gars dise qu’il n’y avait pas 10 livres en dépôt, mais moins. Du style 5 livres, ce qui pour lui ne fait que 2 ventes (5-3). Pas simple n’est-ce pas ?