Pourquoi donner des explications aux auteurs ? (07/04/10)
Dans les messages qui accompagnent les manuscrits, des auteurs écrivent qu’ils sont prêts à entendre les critiques ou toutes remarques. En réalité, c’est souvent faux. Illustration encore hier avec un mail envoyé à un auteur. Ce mail contenait un refus motivé, en lui expliquant ce qui n’allait pas et ce qui devait être retravaillé dans son texte. L’auteur a répondu en donnant son point de vue. En gros, c’est « vous n’avez pas compris, vous êtes nul ». Ça ne donne pas envie de perdre son temps à vouloir aider des auteurs, puisqu’ils ont la science infuse.
Il ne faut pas s’étonner ensuite que sur de nombreux sites internet de maisons d’édition, on trouve des messages de ce type : « Face au nombre croissant de manuscrits reçus, aucune réponse n'est donnée aux textes non retenus et ils ne sont en aucun cas retournés aux expéditeurs. » (texte sur le site de La Part commune). C’était ma politique avant la création du comité de lecture, et je pense que je vais y revenir.
Un autre aspect rebute l’éditeur. Celui d’être utilisé par l’auteur. Je m’explique : l’éditeur reçoit un texte qui l’intéresse, dit à l’auteur ce qu’il y a à corriger, à modifier… et puis plus de nouvelles. Jusqu’à ce que l’éditeur découvre un jour que l’auteur s’est fait éditer dans une autre maison d’édition, souvent plus importante, et en utilisant les conseils donnés. Ou comment avoir un correcteur et un conseiller gratis.