Librairie, auteur, éditeur, imprimeur : cercle vicieux ou vertueux ? (29/04/10)
4552,54. C’est le montant du chèque que je dois envoyer demain à l’imprimeur. Réunir cette somme ces derniers jours n’a pas été simple. Il a fallu faire le forcing auprès de libraires qui me devaient de l’argent, faute de quoi, je ne pouvais pas régler la facture. Je regrette que certains n’aient pas joué le jeu et ne m’aient toujours pas envoyé leur chèque…
L’autre coup de pouce que j’ai eu, c’est une commande directe de 40 livres. Ça m’a aidé à regonfler la trésorerie.
La distribution de l’argent est en gros la suivante (j’ôte volontairement diffuseur et distributeur) :
- le libraire paie l’éditeur
- avec l’argent reçu du libraire, l’éditeur paie l’auteur et l’imprimeur. Et peut régler ses frais fixes.
Quand un libraire n’honore pas ses engagements, ce n’est pas trop gênant. Quand ils sont plusieurs dizaines et que les impayés se montent à plusieurs milliers d’euros, la situation devient tendue. Les éditeurs se demandent comment ils vont payer les droits d’auteur et les factures de l’imprimeur. Et certains ne pourront pas. N’ayant plus d’argent, des petits éditeurs vont mettre la clé sous la porte. Les auteurs vont perdre leurs droits d’auteur et les impayés d’éditeurs vont s’accumuler chez les imprimeurs qui connaissent déjà des difficultés : CPI a vendu des imprimeries, AGN a envoyé des mails à des éditeurs afin de remplir son planning de production.
Il suffit d’un grain de sable pour que le cercle vertueux librairie, auteur, éditeur, imprimeur ne devienne un cercle vicieux.
Je partage de plus en plus le point de vue de Luc Vidal à propos des ventes directes (voir le billet "Il en a marre du circuit du livre").