Lu dans LH 825 (14/06/10)
Le marché de la librairie dégringole
En lisant le titre « 5 questions sur un marché qui flanche », on se dit que Daniel Garcia, l’auteur de l’article, ne va pas remonter le moral des libraires… et des éditeurs. Et c’est le cas. Anne-Sophie Thuard (librairie Thuard au Mans), note ainsi « Moins 4% en mai. Du jamais vu, en vingt-trois ans d’existence de la librairie. »
Daniel Garcia pose les cinq questions suivantes :
1- Pourquoi la fréquentation des librairies plonge-t-elle ?
2- Le panier moyen : une résistance en trompe l’œil ?
3- Une production éditoriale mal adaptée ?
4- Et si la lecture ne faisait plus recette ?
5- L’iPad aggrave-t-il le grignotage d’internet ?
Que les gens lisent moins de livres, c’est une réalité. Qu’ils lisent moins, ça je n’en suis pas sûr. Disons qu’ils lisent autrement, cherchant les informations sur les sites, blogs et forums sur internet.
La question 3 m’a fait penser au dernier numéro de LH, où des libraires sont aussi éditeurs. Comme ils ne sont pas satisfaits de l’offre, ils publient eux-mêmes des textes et des auteurs qu’ils proposent à la vente. Peut-être un exemple à suivre pour leurs confrères.
En tout cas, les livres restent de moins en moins longtemps dans les magasins d’après l’article, d’où des retours massifs. Ce qui fait dire à Daniel Garcia : « Bref, on assisterait au grand retour de la cavalerie : les éditeurs, confrontés à des retours en forte hausse, produiraient toujours davantage pour ne pas rencontrer de problèmes de trésorerie. » Voilà qui ne va pas arranger les affaires des petits éditeurs ! Et Matthieu de Montchalin enfonce le clou : « Quand on voit comment les banquiers serrent aujourd’hui la vis aux libraires dès le moindre problème de découvert, il est logique de penser qu’ils vont se comporter pareillement avec les éditeurs, et les freiner dans cette politique de fuite en avant. (…) Je me demande si, derrière tout cela, n’est pas en train d’apparaître une crise de financement de la chaîne du livre. »
Eh bien M. de Montchalin ne croit pas si bien dire. Sur les 15 librairies contactées dernièrement pour un livre local à paraître, aucune ne l’a commandé. Donc mise en place = zéro. Est-ce parce que le bouquin ne leur plaît pas (pourtant c’est du local) ou parce que les finances ne suivent pas et qu’ils ne pourront pas payer ?
En tout cas, les métiers annexes de la chaîne du livre tirent la langue : des correcteurs/correctrices m’envoient régulièrement leurs CV et leurs tarifs, et la semaine dernière, c’est un webmaster qui crée des sites internet à destination des maisons d’édition qui m’a envoyé sa publicité. L’argent se raréfie à tous les niveaux et chacun économise sur les postes qui ne sont pas indispensables. C’est inquiétant, car je ne sais pas trop où on va aller si les librairies sont exsangues financièrement.
Ce que j’ai aimé aussi dans l’article, c’est qu’il donne la parole à Philippe Legrand, de la librairie Calligrammes à La Rochelle. Or, cette librairie me doit toujours 13 euros pour un bouquin non réglé malgré plusieurs relances. Si cette librairie a du mal à payer une petite facture, qu’en est-il pour les grosses ?
La transmission de librairie
Clarisse Normand indique que « 30 à 35% du chiffre d’affaires annuel. C’est la valeur d’une librairie aujourd’hui. » Bien entendu, c’est un chiffre moyen, qui peut être majoré selon l’emplacement, la qualification du personnel, etc. Il n’empêche que c’est moins que pour d’autres commerces : « (…) les pharmacies peuvent se vendre pour l’équivalent d’une année et les commerces de grande distribution pour six mois, soit 50% [du chiffre d’affaires]. » La période n’est vraiment pas simple pour les libraires qui souhaiteraient passer la main, avec les baisses de chiffre d’affaires et les banques qui octroient moins de prêts qu’avant.
Le livre le Marketing du livre 2
J’avais commandé ce livre le 20 avril et je ne vais pas le recevoir. Le libraire m’a envoyé un mail indiquant qu’en dépit de plusieurs tentatives auprès du distributeur, il n’a pas pu avoir l’ouvrage. Par conséquent, il a annulé la commande. Pourtant, je vois la publicité toutes les semaines dans LH. Je vais commander directement auprès de Livres Hebdo, en espérant qu’il reste des exemplaires.
Les tauliers
Les tauliers de la semaine (source Ipsos/Livres Hebdo) :
1) Millénium, vol 3, Stieg Larsson : 145e semaine dans le Top 50 Romans
2) Millénium, vol 1, Stieg Larsson : 143e semaine dans le Top 50 Romans
3) Millénium, vol 2, Stieg Larsson : 140e semaine dans le Top 50 Romans
1) Les yeux jaunes des crocodiles, Katherine Pancol, 144e semaine dans le Top 25 Poche
2) La valse lente des tortues, Katherine Pancol, 52e semaine dans le Top 25 Poche
3) Le mec de la tombe d’à-côté, Katarina Mazetti, 28e semaine dans le Top 25 Poche
Quelques premiers tirages
(source Ipsos/Livres Hebdo)
Les déferlantes, Claudie Gallay, J’ai lu : 200 000 ex