Le programme d'Antoine Gallimard / Au Diable Vauvert / Les livres de septembre (LH 828) (04/07/10)
Le programme d’Antoine Gallimard
Nouveau président du syndicat national de l’édition, Antoine Gallimard a donné une interview à Livres Hebdo. A propos du salon du livre de Paris, très critiqué en 2010, le PDG des éditions Gallimard répond : « Certains considèrent son coût trop élevé. Il est souhaitable de le baisser, quitte à en réduire la durée dès 2011. (…) En tout cas, je ne suis pas favorable à un retour au Grand Palais, qui impliquerait un salon élitiste et cher. » Avec des prix plus attractifs, il est certain qu’il sera plus facile pour les éditeurs d’être présents porte de Versailles. Outre le prix de location du stand (ou de la place sur les stands collectifs), il faut ajouter les frais annexes : transport, hébergement, restauration. Un jour de salon en moins, c’est une nuitée d’hôtel économisée, ainsi que des repas.
Les autres chantiers de M. Gallimard sont les suivants : défense du droit d’auteur, de la propriété intellectuelle ; instauration de la TVA à 5,5% sur le livre numérique, du prix unique du livre numérique.
Au Diable Vauvert
La journaliste Anne-Laure Walter a passé une journée au sein de la maison d’édition Au Diable Vauvert dirigée par Marion Mazauric. La maison d’édition « reçoit environ 3 500 textes par an et publie 30 nouveautés en moyenne. ». Une photo montre les manuscrits refusés sur des étagères. Du côté de la gestion, l’éditrice reconnaît que les débuts ont été difficiles : « J’ai commencé par 200 000 euros de perte en deux ans et j’ai compris qu’en tant que patronne j’avais commis une faute professionnelle ». Plus loin, elle ajoute à propos des éditeurs indépendants : « Nous essayons tous de faire coïncider un exercice comptable sur douze mois avec la vie artistique d’écrivains. Nous gérons dans la même journée les angoisses d’un auteur, le coup de fil du banquier, les traites de l’imprimeur. » Là, Mme Mazauric résume parfaitement la situation de bon nombre d’éditeurs, qui est de gérer une entreprise avec des actifs artistiques. Oui, l’édition est une activité économique et pas uniquement culturelle. Quand les comptes sont dans le rouge, le banquier sonne le tocsin.
Des auteurs (et des éditeurs) ont du mal à assimiler cette notion de gestion économique. Ce n’est pourtant pas compliqué de comprendre qu’un éditeur doit faire des choix éditoriaux en fonction de ses capacités financières. L’imprimeur qui fabrique un livre à 20 000 exemplaires ne s’occupe pas de savoir si le titre se vend ou pas : à l’échéance, il veut que l’éditeur lui règle la traite pour les
20 000 livres. Et pour le banquier c’est pareil : s’il a prêté 50 000 euros, il veut les revoir avec les intérêts. Qu’on le veuille ou non, il faut que l’éditeur gagne de l’argent, sous peine de disparaître. Cela m’amène justement à la dernière partie consacrée aux livres de septembre.
Les livres de septembre
Pour fin août/début septembre, les grosses maisons d’édition misent sur les auteurs confirmés. Comme les six premiers mois de l’année n’ont pas été terribles, avec de nombreux retours, les éditeurs sortent des livres qui devraient plaire aux libraires, aux lecteurs, et donc renflouer les caisses (à la fois des points de vente et des maisons d’édition). Autre stratégie, la sortie différée de livres au sein d’une même maison d’édition. Je trouve ça judicieux, car il y a encore quelques années, une grosse maison d’édition sortait 6-8 livres en même temps. Un faisait l’actualité et on n’entendait plus parler des autres. Là, les premiers romans ou auteurs moins connus vont avoir quelques jours/semaines pour se faire remarquer, avant que le poids lourd de leur maison n’arrive sur le marché.
Les tauliers
Les tauliers de la semaine (source Ipsos/Livres Hebdo) :
1) Millénium, vol 3, Stieg Larsson : 148e semaine dans le Top 50 Romans
2) Millénium, vol 1, Stieg Larsson : 146e semaine dans le Top 50 Romans
3) Millénium, vol 2, Stieg Larsson : 143e semaine dans le Top 50 Romans
1) Les yeux jaunes des crocodiles, Katherine Pancol, 147e semaine dans le Top 25 Poche
2) La valse lente des tortues, Katherine Pancol, 55e semaine dans le Top 25 Poche
3) Sans un mot, Harlan Coben, 17e semaine dans le Top 25 Poche