La crise et les petits éditeurs (01/06/12)
Livres Hebdo a consacré un papier sur ce sujet dernièrement. Ce ne sont pas les sujets d’inquiétude qui manquent, entre les problèmes des librairies, le livre numérique et le flou autour de la TVA (retour à 5,5% ou pas, voir la page News de juin sur ce sujet). En une ligne, la journaliste Catherine Andreucci résume la situation de beaucoup de petits éditeurs : « Des retours en augmentation, des mises en place qui se réduisent, des imprimeurs qui demandent à être payés plus tôt, des libraires qui paient plus tard... ». Afin de faire rentrer de l’argent, certains multiplient les salons ; d’autres créent ou songent à ouvrir une boutique sur leur site internet. Jean-Luc d’Asciano (édition L’Oeil d’or) « travaille en dépôt, pour ne pas imposer aux libraires de mobiliser leur trésorerie. En ce moment, ils me paient à 120 jours, plutôt qu’à 60 ou 90, parfois un an pour certains. » Ce système a un inconvénient : « C’est la première fois, en douze ans d’édition, que je dois retarder des parutions car j’ai trop d’argent dehors. Or je ne lance l’impression d’un livre que lorsque j’ai l’argent pour payer. » J’agis comme ce confrère, je sors un nouveau livre quand je peux le financer. Depuis que j’ai commencé ce métier, je me suis toujours fixé cette règle de prudence, car cela ne sert à rien de se mettre dans le rouge financièrement. Et ça peut aller vite. Il suffit d’une ou deux mauvaises ventes pour que la trésorerie ne soit pas suffisante pour régler les frais d’impression, les charges fixes, etc. Je fais du dépôt et je me suis livré à un petit pointage : j’ai virtuellement 4000 euros dehors. Virtuellement car pour atteindre cette somme, il faudrait que tous les livres soient vendus. Et même s’ils se vendent, ce n’est pas pour ça que l’argent rentrera. Si la librairie vend les livres et qu’elle ferme, je peux faire une croix sur le paiement. C’est pour ça que c’est bien d’avoir plusieurs sources de revenus, afin de limiter les risques : vente directe, librairies, librairies en ligne.