A-valoir, attention (07/10/08)
Très intéressant billet du Figaro sur le dernier ouvrage de Christine Angot. Grâce à son agent, l’auteur a obtenu un à-valoir (une avance) de 220 000 euros du Seuil, ainsi qu’une campagne publicitaire de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Le hic pour le Seuil, c’est que l’investissement est loin d’être rentable d’après les chiffres de ventes que communique le Figaro. Si les ventes n’augmentent pas, la maison d’édition ne récupèrera pas une grande partie de son argent, car l’à-valoir est une somme acquise à Christine Angot, même si les droits d’auteur réels qui lui seront dus plus tard sont inférieurs. Imaginons que les droits d’auteur soient de 100 000 euros : Mme Angot conservera les 120 000 euros versés en trop, et ce sera pour la pomme de la maison d’édition. Autre cas de figure : des droits d’auteur de 300 000 euros. Là, le Seuil versera 80 000 euros, la société ayant déjà versé 220 000 euros d’avance.
Quand un éditeur verse un à-valoir, il y a toujours une part de risque. Il doit estimer le juste prix à payer. Lorsqu’un auteur met plusieurs maisons d’édition en concurrence pour obtenir son prochain livre, chacune fait monter les enchères et propose des à-valoir de plus en plus élevés afin de décrocher la timbale. Le but du jeu est de ne pas surestimer l’auteur (à quoi bon lui verser
300 000 euros d’à-valoir s’il ne rapporte que 150 000 euros à la maison d’édition ?).
Ce qui est amusant, c’est que cette mode de l’à-valoir touche les auteurs qui contactent les petites structures. Informés de cette pratique, et alors que la plupart d’entre eux n’ont jamais publié, ils demandent quel à-valoir ils auront à la signature du contrat.
Personnellement, je n’en donne pas. J’ai opté pour des droits d’auteur plus élevés que la moyenne si les ventes sont bonnes.