André Daviaud
Quel est le titre de votre livre ?
« Un sourire solaire »
De quoi parle-t-il ?
De la vie du poète René Guy Cadou et de son époque. L’éditeur a rajouté un bandeau : « René Guy Cadou, le roman d’une époque ». L’action se déroule entre 1920 et 1953. J’ai romancé un peu la vie du personnage. Ce n’est pas une biographie. Je n’ai pas voulu être exact, j’ai voulu être
fidèle, fidèle à l’atmosphère de la poésie de Cadou, à la tragédie de la guerre et à l’amitié dont son œuvre témoigne.
Comment vous documentez-vous ?
Je connaissais Cadou depuis 30 ans car j’avais soutenu un mémoire universitaire sur son œuvre. Je me suis replongé dans ses écrits et je me suis appuyé sur les rencontres et les échanges avec son épouse Hélène et ses amis. C’est, je crois, le premier roman sur Cadou.
Combien de temps avez-vous mis à l’écrire ?
Environ un an.
A combien d’éditeurs l’avez-vous envoyé ?
Peut-être à une dizaine. D’abord aux « grands », puis à des plus petits.
Quels ont été les retours des éditeurs qui l’ont refusé ?
La plupart des grands ont envoyé des lettres types. Seuls les découvreurs m’ont encouragé : Maurice Nadeau, Le Castor Astral… Joca Seria m’a clairement répondu qu’il aurait publié le roman si la conjoncture avait été meilleure. Il le qualifiait de « remarquable »… mais…
Comment avez-vous trouvé votre éditeur ?
Les Perséides, éditions situées à Bécherel près de Rennes, avaient déjà répondu favorablement pour un premier roman sur la guerre de 1914-1918 «La Terre à personne », mais je l’avais finalement donné à une autre maison : L’Escarbille, à Nantes, spécialisée dans les premier romans. Je l’ai donc contacté à nouveau et le manuscrit a été accepté.
Etes-vous satisfait de votre contrat d’édition ?
Tout à fait. J’estime qu’un éditeur qui, sans vous demander aucun argent, prend le risque de porter votre texte et de le défendre doit avoir le soutien entier de l’auteur, qui doit s’engager lui aussi dans la promotion de l’ouvrage en sollicitant tout son entourage et ses « réseaux ».
Où peut-on trouver votre livre ?
Partout : dans les librairies (sans doute sur commande), à la Fnac, sur Amazon, etc… et chez l’auteur.
Avez-vous participé à des dédicaces, à des salons ?
Oui, bien sûr, en particulier au salon de Vannes où beaucoup d’auteurs médiatiquement connus étaient là : PPDA, Queffelec, Ozouf, Villepin, P. Alexandre, Claude Viller…
Utilisez-vous internet pour vous faire connaître ?
Oui, j’ai un site personnel : http://andredaviaud.free.fr/
De quoi parlera votre prochain livre ?
Du périple d’un jeune Afghan qui, après avoir participé à la guerre aux côtés de Massoud, décide de migrer vers l’Angleterre et connaît la vie difficile des sans papiers. C’est un livre sur l’immigration en général, aussi, avec des échappées vers d’autres destins d’immigrés. Le titre en
sera : « Hamac de fer »
Avez-vous quelque chose à ajouter ?
Je voudrais rendre hommage à toutes les petites maisons d’édition sérieuses qui sont souvent les seules à prendre des risques littéraires en choisissant avec soin des textes auxquels elles croient. Ces maisons n’ont pas accès aux médias, ne sont pas soutenues alors qu’on y trouve souvent la qualité et l’originalité loin des « produits commerciaux » bien souvent vantés dans la presse. Les grosses machines éditoriales les marginalisent mais n’hésitent pas à les piller si un auteur émerge grâce à elles. La diffusion est le nerf de la guerre en matière de livres, mais on publie trop sans presque de hiérarchie dans les choix. Et pourtant : la littérature, c’est le style, c’est l’art, bien plus que le sujet : Céline disait : Des sujets de romans, il y en a plein les journaux, mais un style ! On en trouve un ou deux par génération.Il exagérait sans doute mais ,aujourd’hui, pour être édité, diffusé et défendu par les médias, il faut se faire connaître dans un tout autre domaine : être chanteur, journaliste à la télévision, sportif, homme politique, humoriste à la radio… bref, people, comme on dit. Mais être écrivain, chercher le travail du style, c’est démodé, c’est inutile pour écrire ! Telle est l'opinion qui court tout bas dans les médias tout en affirmant hautement le contraire !