Pourquoi est-ce difficile d'obtenir un emploi dans une petite maison d'édition ? Pourquoi faut-il des best-sellers ? (20/04/09)
Depuis que j’ai créé la maison d’édition, je reçois régulièrement des CV : on me sollicite pour des postes d’attachée de presse, correcteur, correctrice, graphiste, secrétaire d’édition, maquettiste, etc.
Je ne peux donner suite malheureusement. Ceci pour des raisons de coûts. Pour schématiser, quand une entreprise donne 1 euro à un salarié, ça lui coûte 1 euro de charges sociales, soit
2 euros en tout.
Verser 1500 euros de salaire par mois à un employé sur 12 mois : 18000 euros.
Charges sur 12 mois : 18000 euros.
Total pour la maison d’édition sur l’année : 36000 euros.
Si la maison d’édition prend une marge de 2 euros sur chaque livre qu’elle vend, faites la division et vous verrez que l’entreprise doit vendre au minimum 18000 livres uniquement pour régler le salaire.
Voilà qui m’amène aux best-sellers, si décriés parfois. Moi je n’ai rien contre les best-sellers, car ils ont deux fonctions : éditoriale et sociale.
- éditoriale : l’argent récolté par ces livres permet d’éditer d’autres ouvrages plus confidentiels.
- sociale : l’argent récolté par ces livres assure la paie des employés des maisons d’édition, voire crée des emplois.
Ce n’est pas avec des livres qui perdent de l’argent que les maisons d’édition peuvent continuer à éditer et à payer les salaires. Qu’on le veuille ou non, il faut des titres qui se vendent afin d’équilibrer les comptes. Voilà pourquoi chaque éditeur attend LE coup, le titre qui se vendra à des milliers d’exemplaires et assurera plusieurs années de trésorerie. Sans argent, pas de publication, ni de création d’emploi.
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