La couleur du safran de Albert Bueno (2/2)
Comment avez-vous décroché les dédicaces ? Est-ce que les lecteurs ont été nombreux à se déplacer ?
J'ai attendu que le livre soit vendu suite aux articles dans la presse, il était plus simple de proposer une dédicace par la suite. Je pense notamment à une grosse librairie qui m'avait pris seulement 3 ouvrages pour me faire plaisir quand je m'étais présenté et qui en a vendu 43 en 3 semaines. Chaque semaine, elle m'appelait pour en reprendre 10 de plus. Je les sentais gênés de ne m'en avoir pris que 3 au début et puis ce sont eux qui m'ont proposé une dédicace. Ils m'ont même confié que c'était le roman le plus vendu du moment. J'étais ravi.
Je n'ai, à ce jour, fait que 2 dédicaces, la première, 30 personnes ont acheté le livre et la seconde, il y en a eu 48, la libraire n'avait jamais vu ça. Elle avait fait venir des "pointures" et seules 2 ou 3 personnes s'étaient déplacées.
Quels sont les retours des lecteurs ?
Unanimement, on m'a dit "continue, c'est super, j'ai passé un bon moment, je n'arrivais pas à me décrocher de cette histore". Parmi les nombreuses personnes qui ont osé me contacter car je sais que c'est un acte délicat que celui de contacter un auteur pour lui témoigner sa satisfaction, il y a eu 2 témoignages émouvants : celui d'une dame qui avait lu le livre et qui tenait à le dédicacer
"J'aurai voulu connaître vos héros, simplement pour les aider". Mes héros sont des réfugiés politiques de la guerre d'Espagne qui ont fui leur pays, chassés par la dictature de Franco, ils ont exilé en France ; le deuxième est celui d'une dame âgée qui m'a dit "les héros de votre histoire, ce sont les héros de mon histoire, ce sont les héros de l'histoire d'Espagne, ces héros : c'étaient mes parents".
Quel est votre programme pour les semaines et mois à venir ?
J'ai des dédicaces prévues dans plusieurs régions, j'ai été invité à participer à des salons littéraires régionaux connus. J'ai entamé l'écriture d'un autre roman. Je savoure mon succès avec humilité. C'est une forme de revanche personnelle par rapport à ces maisons d'édition qui ont pignon sur rue et qui font que lire n'est plus un plaisir mais un commerce avec des stratégies de vente basées sur des critiques positives, sur de la communication et jamais sur l'écrit, sur le contenu. C'est déplorable. Les auteurs qui nous ont succédé ont été reconnus par leurs écrits, pas par les médias. Ils traversent les temps. Qui se souviendra du succès littéraire de tel ou telle people dans à peine 10 ans : personne.