Ça m'énerve... (17/03/09)
De perdre du temps à relancer les points de vente pour qu'ils règlent leurs factures, alors que j'ai autre chose à faire. Depuis plusieurs jours, je passe mon temps à envoyer des relances aux librairies : il faut chercher les fax, les numéros de téléphone. Quand j'appelle, comme par hasard la personne en charge de la comptabilité n'est pas là, il faut renouveler l'appel. Quand on a la personne, il arrive qu'elle demande que je lui refaxe la facture (alors qu'elle l'a déjà, mais c'est une des techniques employées pour gagner du temps). C'est là qu'on voit les points de vente réglo et ceux qui ne le sont pas.
La librairie Ryst de Cherbourg avait bien réglé la facture pour laquelle je l'ai relancée la semaine dernière. Sauf que la base de données de la librairie n'ayant pas été mise à jour, le chèque a été envoyé à l'ancienne adresse de la maison d'édition, que je n'occupe plus depuis 4 ans. Donc perte de temps et un chèque qui est dans la nature. La comptable m'a demandé une lettre de désistement pour le chèque voyageur et m'en a renvoyé un autre que j'ai reçu.
Et que dire des librairies chez lesquelles des dédicaces sont organisées ? Dans une librairie, une de mes auteurs a vendu 67 livres ; dans une autre, 23 livres. Dans les deux cas, factures non réglées alors que la maison d'édition a pris tous les frais d'envoi et de retour des livres à sa charge, que les auteurs se déplacent.
J'ai terminé les comptes de l'année 2008 pour mon association de gestion, et là, je vais me plonger dans les décomptes pour payer les droits d'auteur. Certains ne vont pas avoir beaucoup d'argent, parce que des ventes n'ont pas été réglées par les librairies. C'est que je ne suis pas ducroire vis-à-vis de mes auteurs : ils ne touchent leurs droits que sur les livres payés. Tant qu'un point de vente ne paie pas la maison d'édition, l'auteur ne gagne rien (même si le libraire a vendu le livre).
Par contre, dès qu'un mauvais payeur règle, l'auteur est assuré de toucher l'intégralité de ses droits d'auteur, sans imputation de frais de recouvrement.
Je m'explique : relancer les points de vente a un coût, que ce soit par l'envoi des lettres de relance par la Poste, ou les communications téléphoniques/fax (sans compter le temps perdu). Il faut savoir que la marge de l'éditeur se situe entre 10 et 15% du prix HT du livre. Si le montant des frais se chiffre à 2,50 € pour récupérer une facture alors que ma marge est de 2 €, je ne gagne rien, alors que l'auteur va avoir ses 10%. Les auteurs ne se rendent pas compte des frais et de l'argent perdu par leurs éditeurs afin qu'ils touchent leur dû.
En résumé, dès qu'il faut faire une relance, c'est une partie de la marge de l'éditeur/distributeur qui s'évapore. Et des points de vente jouent sur cet aspect du coût du recouvrement pour décourager les éditeurs/distributeurs à poursuivre les relances.
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