L'affaire Demonchy (3/3)
Ce que nous montre cette affaire, c'est que des auteurs sont prêts à dépenser d'un coup 900 euros, dans l'espoir de voir leurs textes publiés. Ces derniers sont-ils tous publiables ? Si la réponse est non, il n'est pas étonnant que des écrivains regrettent leurs 900 euros versés à l'agence, cette dernière ne pouvant faire de miracles. Et quand bien même l'équipe de l'agence littéraire réussirait à placer tous les manuscrits, encore faudrait-il que les livres, une fois publiés, soient tous achetés à plusieurs centaines d'exemplaires pour récupérer la mise initiale de 900 euros.
Avez-vous remarqué que beaucoup d'auteurs sont persuadés que leurs manuscrits vont rapporter beaucoup d'argent ? Ils sont tellement sûrs d'eux qu'ils cherchent un tiers (un éditeur) afin de prendre le risque financier, plutôt que d'investir personnellement.
Pour gagner de l'argent, il faut d'abord en dépenser, c'est certain. Mais si les auteurs sont convaincus de l'intérêt de leur production littéraire et que personne n'est intéressé, pourquoi ne consacrent-ils pas les 900 euros à la création de leur maison d'édition (association, SARL, etc.) ?
En tapant "créer une maison d'édition" dans un moteur de recherche, on obtient des informations pour se lancer dans l'aventure éditoriale.
Anne-Sophie Demonchy a réalisé un travail journalistique visant à présenter un aspect méconnu de l'édition, à savoir le métier d'agent littéraire. Derrière la journaliste, c'est aussi l'auteur qui s'est insurgé du montant réclamé et non récupérable. Cela explique sans doute les quelques mots litigieux qui ont mis le feu au poudre.