Des journalistes arrondissent leurs fins de mois (22/04/09)
J’avais déjà évoqué ce sujet lors de l’interview avec Anne-Sophie Demonchy (voir page Articles). J’ai envoyé des services de presse d’un ouvrage à paraître et je viens de constater qu’il est proposé en vente d’occasion sur Ebay. D’où provient ce livre ? D’un service de presse puisque ce sont les seuls exemplaires qui ont été mis en circulation.
Revendu à 50% du prix neuf, cela laisse quand même une marge confortable au journaliste puisqu’il a reçu l’ouvrage gratuitement. Les journalistes qui s’adonnent à cette pratique peuvent ainsi récupérer pas mal d’argent quand ils reçoivent des services de presse par dizaines (notamment les journalistes littéraires).
Sinon, lisez le premier post de l’éditrice Menolly (Edition Griffe d’encre) posté sur le forum de leur maison d’édition, qui résume bien le service de presse du point de vue de l’éditeur.
Je suis d’accord avec ce qu’elle écrit. Une petite maison d’édition ne peut se permettre de gaspiller du temps et de l’argent. Je sais que des personnes pensent qu’il faut tout le temps envoyer des services de presse. Sauf qu’ils se contentent de penser. Avec l’argent des autres, c’est facile de dire « expédier un SP ». Un SP, c’est un investissement d’au moins 6 euros pour un livre qui pèse entre 250 et 500g (livre + frais postaux) qu’il faut multiplier par le nombre d’envois. La plupart du temps, l’envoi des SP ne donne lieu à aucune retombée média. Donc perte d’argent pour la maison d’édition. Et même quand il y a un petit quelque chose, ce n’est pas simple de récupérer l’investissement des SP. Envoyez 100 SP revient à 600 euros. Si l’éditeur prend 2 euros de marge par livre, il doit vendre 300 livres juste pour équilibrer la dépense des SP.
Quand une attachée de presse m’avait contacté pour me proposer ses services, elle m’avait dit qu’il lui fallait au minimum 40 livres… sans garantie d’obtenir quelque chose de la part des journalistes.
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