Descente en librairie (15/05/08)
Hier, j'ai eu l'occasion de discuter avec une éditrice qui travaille dans une maison d'édition ayant pignon sur rue. J’ai appris certaines choses intéressantes sur l’office et les pressions exercées sur les librairies et les représentants. Régulièrement, cette éditrice (qui a bossé chez Hachette) fait des descentes dans les librairies où les offices ont été livrés. Elle regarde si les livres sont en rayon et bien placés, car sa maison a remarqué que des points de vente ne vendaient quasiment rien. Et pour cause, les livres sont dans la réserve, parqués dans leurs cartons même pas ouverts. Se faisant passer pour une cliente, elle demande l’un des titres de l’office, ce à quoi son interlocuteur répond souvent que le livre n’existe pas, n’est pas disponible, etc. L’éditrice sort alors l’arme fatale : le double du bordereau de livraison signé par le ou la libraire où figurent les titres de l’office… Inutile de vous dire que les échanges sont parfois houleux et que le libraire n’est pas en position de force pour réclamer des points de remise supplémentaires par la suite. C’est là qu’on voit que les grosses structures ont de gros moyens : dans une rue de Paris par exemple, s’il y a plusieurs librairies, ils savent combien chacune prend d’exemplaires à l’office, combien elle vend de livres. Si l’une commande moins de livres par rapport à ses chiffres habituels, coup de fil pour savoir pourquoi. Chaque point de vente est fiché et analysé.
Du côté des représentants, même pression. L’éditrice m’a dit hier : « si Sauramps commande 3 exemplaires d’un livre, c’est que le représentant n’a pas fait son boulot. »
Les représentants subissent la pression de leur hiérarchie pour placer toujours plus, les libraires recevant des offices connaissent cette même pression et mettent en rayon les offices en priorité. Je comprends pourquoi il ne reste plus beaucoup de place après pour les petites maisons d’édition comme la mienne.