Diffusion, le nerf de la guerre (18/03/08)
Au téléphone, une auteur m'a demandé : "Comment vous comptez vous développer sans diffuseur ?" C'est vrai que la transmission de l'information auprès des points de vente est importante pour que les libraires aient connaissance du catalogue et des nouveautés. Mais il faut savoir que ce n'est pas l'éditeur qui choisit son diffuseur, mais l'inverse. J'ai déjà contacté plusieurs diffuseurs mais sans résultat pour l'instant. Donc pour le moment, je gère moi-même la diffusion-distribution. Avoir un diffuseur-distributeur peut être un bien mais aussi un mal pour une petite maison d'édition : une consoeur se trouve ainsi en procès avec son diffuseur car il ne lui versait pas l'argent des ventes. J'ai eu le même problème et la maison d'édition a failli fermer à cause de ça.
En mars 2004, le syndicat national de l'édition avait organisé un forum intitulé : "Publier, diffuser et distribuer : quelles perspectives pour la petite édition ?"
J'avais lu ce document avec intérêt. L'une des remarques m'avait interpellé :
"Un intervenant dans la salle
Je peux me considérer comme micro-éditeur. Pour le moment, je n'édite que mes ouvrages.
J'ai entendu dire : « un livre est un livre ». Dans l'absolu, c'est vrai. Dans la réalité, je pense
que c'est complètement différent. Que ce soit pour la presse, pour les libraires, ou pour
certaines banques électroniques comme Electre ou Dilicom, si vous venez du Seuil, on vous
ouvre la porte ; si vous dites que vous essayez de vous débrouiller tout seul, soit on vous la
ferme en vous disant non, soit on ne vous répond carrément pas."
Je confirme ce que disait cette personne en 2004 : la porte ne s'ouvre pas facilement et elle est souvent fermée. Je me souviens d'un ouvrage pour lequel j'avais fait le tour des librairies de Rennes ; j'avais été éconduit plus ou moins poliment. Et puis la semaine d'après, l'une des librairies en question téléphone pour commander le livre et me demande pourquoi je ne leur ai pas proposé. "Je suis venu pour le présenter mais vous m'avez répondu que vous n'aviez besoin de rien et montré la porte." La dame était gênée au téléphone ! Je comprends tout à fait que les libraires ne puissent pas tout prendre, puisqu'ils ont déjà les offices des grandes maisons d'édition. Mais ils pourraient au moins nous laisser quelques minutes pour présenter ce que l'on propose. La libraire en question ne m'avait pas donné 1 minute pour parler du livre.