Interview d'Anne-Sophie Demonchy (1/3)
Vous êtes professeur de français, blogueuse (La Lettrine), critique littéraire et journaliste au magazine des livres. D’où vous vient cette passion des livres ? Arrivez-vous à gérer toutes ces activités en même temps ?
J’ai toujours aimé lire et écrire. Au lycée, je me suis engagée dans une filière littéraire puis ai poursuivi en lettres modernes. A la fac, j’ai fait des stages dans des maisons d’édition et au Figaro littéraire, où j’ai appris beaucoup, à la fois sur le monde de l’édition et des livres mais aussi sur le petit monde germanopratin. Finalement, j’ai choisi de me diriger vers l’enseignement.
Grâce à mon blog, j’ai été très vite repérée par Joseph Vebret qui m’a proposé de collaborer pour Le Magazine des Livres. Je me permets d’ajouter qu’en plus de ces activités, j’écris quotidiennement des articles pour le journal en ligne Politique.net. Parce que j’aime lire, écrire, analyser l’actualité – littéraire et politique – et enseigner, je parviens à mener de front ces différentes activités.
Quel âge ont vos élèves ? Quels auteurs leur faites-vous découvrir ?
Cette année, je travaille dans un collège. Mes élèves ont entre 12 et 14 ans. Je leur fais lire Jack London, Agatha Christie, Stevenson, Daniel Defoe, Maupassant et des poètes comme Verlaine, Roy, Rimbaud… En général, ce sont des auteurs qu’ils apprécient.
Quels sont vos auteurs préférés ?
J’ai des goûts assez hétéroclites. J’aime énormément Zweig, Kafka, Rilke, Artaud, Philip Roth, Jean Genet, Timothy Findley et la suite est encore longue.
Combien de temps consacrez-vous à votre blog ?
Environ une à deux heures par jour.
Combien d’ouvrages devez-vous lire avant chaque nouveau numéro du magazine des livres ?
Je n’ai pas de nombre de livres imposés. Je suis très libre. En général, je lis les livres que j’évoque dans mes chroniques (cinéma et émission) et je fais entre 5 et 10 articles de romans.
Rédiger la chronique d’un ouvrage que vous n’avez pas apprécié prend-elle plus de temps que l’écriture d’un billet dans lequel vous défendez un livre que vous avez aimé ?
Si le livre me laisse complètement indifférente, je n’en fais rien. En revanche, s’il m’a enthousiasmé ou au contraire m’a agacé, ne m’a pas plu, bref, s’il a suscité chez moi un certain intérêt, j’écrirai assez rapidement ma chronique. J’essaie, dans la mesure du possible, de ne pas chroniquer les livres que je n’ai pas aimés, en particulier s’ils ne sont pas connus du grand public.
L’édition recèle bien des travers que vous soulevez régulièrement dans votre blog ou vos articles publiés dans le magazine des livres. Je pense en particulier à votre dossier sur les nègres ; aux agents littéraires plus ou moins honnêtes. Lorsque vous enquêtez, êtes-vous surprise de ce que vous découvrez ? Trouvez-vous le monde de l’édition vicieux ou vertueux ?
Je ne suis plus une oie blanche. Je l’étais autrefois, quand j’étais stagiaire au Figaro littéraire. C’est là-bas que j’ai découvert un certain nombre de travers de ce milieu. Je ne crois pas que ce soit pour autant le plus pourri des milieux, bien au contraire. Je n’hésite jamais à pointer du doigt les vices de l’édition, mais j’ai travaillé dans d’autres domaines, très différents et croyez-moi, ils n’étaient pas de toute vertu non plus. Il est vrai néanmoins que j’aime bien découvrir les coulisses de l’édition et raconter comment cela se passe.
Quels sont les thèmes de vos prochaines enquêtes ?
Les différents réseaux d’édition me passionnent toujours autant, l’édition à compte d’auteur, et les raisons des succès de certains best-sellers…
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