Interview de Catherine Denninger (1/2)
Catherine Denninger vient d'écrire un nouveau roman historique, La conspiration des maudits, Coëtquen Editions. Lisez aussi son premier roman, 1795, un été meurtrier, aux éditions Keltia Graphic.
Vous rédigez des annales, des ouvrages médicaux. Comment passe-t-on de l’écriture de livre spécialisé à l’écriture d’un roman historique ?
En réalité, il n’y a pas de passage entre ces deux activités totalement différentes. Pour la bonne raison, qu’il y a très peu de rédaction. Il s’agit de synthétiser des documents qui proviennent de travaux collectifs au sein des instituts de formation. Il faut les rendre attractifs et suffisamment pertinents pour qu’ils puissent aider des candidats à la formation d’aides-soignants à passer les concours d’entrée puis guider leur travail pendant les études.
Ecrire des romans concerne la sphère privée. Quand je ne suis plus dans le contexte du travail et que j’ai du temps pour lire et écrire des histoires.
J’aime l’Histoire mais ce qui me plaît, c’est me pencher sur les caractères de mes personnages et les faire évoluer dans un contexte particulier.
Ecrivez-vous vos ouvrages professionnels en même temps que vos livres historiques ?
Le programme de formation des aides-soignants a été modifié il y a deux ans. Depuis 2006, je n’ai pas collaboré à des ouvrages sur le sujet. Mon premier roman a été édité ultérieurement, en 2007.
Vos livres professionnels sont souvent collectifs. Comment se partage le travail ?
J’ai collaboré avec une seule personne pour ces ouvrages. Nous habitons deux régions différentes. Elle, en Bretagne et moi en Provence. Il nous a suffit de convenir d’un endroit stratégique pour se retrouver et finir en deux jours le travail que nous avions commencé chacune chez soi. Et cela, pour chaque ouvrage.
Vous voyez, rien de comparable encore une fois avec l’écriture d’un roman qui demande plusieurs mois, de la conception à la réalisation.
Vos romans historiques se déroulent après la Révolution française, et évoquent les Chouans, Napoléon quand il était Premier consul, Cadoudal. Qu’est-ce qui vous séduit dans cette époque ?
Alors, voilà bien le hasard qui m’a conduite à m’intéresser à cette époque (1795). Lors d’une conversation avec un ami sur la grippe aviaire, je lui raconte qu’en 1969, j’ai eu une grippe de ce type. À l’époque, il y a eu 30000 morts en Europe, mais je l’ai su plus tard. Toujours est-il que j’avais eu une fièvre très élevée avec délire. Au cours de cet épisode, je me suis vue en face de paysans qui étaient prêts à m’embrocher avec leurs fourches. Ils avaient de drôles de chapeaux sur la tête. Mon ami me dit alors d’une façon laconique : « Ah, tu devais être républicaine. » Sur le coup, je n’ai pas très bien vu le rapport avec ma fameuse grippe mais, le soir même, j’ai cherché sur Internet, ce qui avait bien pu se passer à Vannes en 1795. Et là, j’ai été servie sur le rôle que Vannes a joué dans les événements de cette époque.
Quant à Napoléon. Voilà bien un personnage romanesque : omniprésent, il contrôle tout, est partout, à la fois sur les champs de bataille et sur les dossiers intérieurs qu’il supervise, au-dessus de ses ministres. Avec une telle hyperactivité, il trouve quand même le temps de s’intéresser aux femmes.
Combien de temps vous faut-il pour réunir la documentation ?
À partir de l’intérêt suscité, il a fallu que je fasse des recherches, à travers des lectures d’historiens sur la France de cette époque. Et ce, pendant plusieurs mois. Je ne me suis pas servie de toutes ces lectures mais elles m’ont permise de m’imprégner du contexte de l’époque et de lester mes récits de faits réels et ainsi, de donner un côté plausible et réaliste à l’histoire.
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