Interview de Donia Muller (1/3)
Donia Muller vient d'écrire un livre consacré à l'adoption de ses deux enfants, Petits coeurs de Chine et du Vietnam, 18 euros, Coëtquen Editions.
Quand on lit votre livre, on découvre que l’adoption est un véritable parcours du combattant. La particularité de votre histoire, c’est que vous avez adopté votre premier enfant en passant par un organisme officiel et que pour le second, vous êtes partie en démarche individuelle. Pouvez-vous expliquer la différence entre les deux démarches ? Est-ce mieux de partir avec un organisme officiel ou seul ?
Pour moi, le parcours du combattant a plutôt été le parcours médical ! Adopter n’est rien à côté de la Procréation Médicalement Assistée qui elle, vous laisse sur le bord de la route, en lambeaux ! Adopter, c’est la voie royale à côté !
Il n’y a que 4 possibilités pour adopter un enfant :
- Attendre un pupille de l’état, pendant plusieurs années, sans être sûr d’aboutir un jour.
- Passer par un OAA (Organisme Agréé pour l’Adoption) qui va se charger de vérifier le dossier avant de l’envoyer dans le pays, d’organiser le voyage pour aller chercher l’enfant, de faire et transmettre le rapport de suivi de l’enfant qui est demandé par le pays. Certains pays exigent le passage par un OAA, d’autres acceptent les OAA et les démarches individuelles, etc. Ce sont les pays qui décident.
- Faire une démarche individuelle directement auprès du pays souhaité. Dans certains pays, les démarches sont à faire auprès d’un organisme central (en Colombie ou en Ukraine par exemple), dans d’autres pays, il faut contacter directement les orphelinats (Haïti ou le Vietnam quand il était possible d’y adopter en individuel) ou l’organisme compétent dans la région (en Russie par exemple où tout est centralisé par région).
- Passer par l’AFA qui se comporte comme un OAA pour certains pays ou qui ne fait que transmettre le dossier des adoptants pour d’autres, selon que le pays a signé ou non la Convention de La Haye.
Il n’y a pas de solution meilleure qu’une autre. Toutes les solutions sont bonnes pourvu qu’elles mènent à un enfant ! Chacun, à une période donnée, peut se sentir plus proche d’une démarche accompagnée ou individuelle. Pour notre première adoption, notre meilleure solution était de passer par un Organisme Agréé, pour notre seconde, ça a été de partir en démarche individuelle. Les deux moyens ont du pour et du contre. Nous avons vécu une immersion totale au Vietnam car nous avons eu à nous y débrouiller seuls, alors qu’en Chine tout était très organisé. Le Vietnam a été plus dur, mais il m’a laissé plus d’émotions et un grand sentiment de nostalgie. Je donnerai la moitié de ma vie pour revivre tout ça ! Notre adoption en Chine a été plus « aseptisée », nous n’y avons connu que les hôtels 5 étoiles où la nuit coûte le salaire annuel d’un Chinois moyen. Par contre, j’ai beaucoup apprécié que tout soit organisé pour pouvoir me consacrer exclusivement à notre fille et la présence des autres familles avec qui nous étions. Des liens très forts se sont créés entre nous. Chaque année, en période d’anniversaire, c’est un grand plaisir de nous retrouver tous et de revoir les petites qui grandissent et deviennent toutes plus belles d’années en années.
Comment se fait-il que selon le département où vous habitez, les demandes d’agrément soient traitées plus ou moins vite ? Pourquoi les procédures ne sont-elles pas identiques au niveau national ?
J’ vous l’demande ! Il y a beaucoup de différences entre les procédures, que ce soit pour l’agrément, pour l’obtention de l’adoption plénière auprès des TGI ou même de la CAF !!!
C’est très frustrant. Certains départements mettent 6 mois à accorder l’agrément et d’autres mettent jusqu’à 22 mois ! (la loi indique 9 mois maximum).
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