Le salaire de l'éditeur indépendant (21/07/08)
La semaine dernière, j’avais écrit un billet à propos d’une auteur qui n’était pas satisfaite des chiffres de vente de son livre. Il n’est jamais facile pour un auteur de voir que son travail ne séduit pas les lecteurs pour x raisons. Mais c’est aussi dommageable pour l’éditeur, car lorsqu’un livre ne se vend pas, il ne gagne pas d’argent.
Il faut savoir que le salaire de l’éditeur indépendant dépend de la vente des livres. Je souligne l’adjectif indépendant qui est important. Dans une interview à La Lettrine, le patron des éditions Scali, Bertil Scali a déclaré : « On survit comme on peut. On essaie de trouver un équilibre entre nos publications commerciales et confidentielles. Il faut comprendre qu’un petit éditeur indépendant ne vit que de ses ventes, il n’a pas de fonds, ne profite pas de toutes les ventes de droits annexes et n’a pas de moyens financiers énormes. Nous, on utilise des bouts de ficelles. On trouve des auteurs passionnés et on fait des livres qui nous motivent. Si de temps en temps, on peut publier un livre qui nous permet de rééquilibrer nos comptes, on ne doit pas s’en priver ». Je suis entièrement d’accord avec ce qu’il dit. Publier un livre peut vous couler financièrement ou vous permettre de gagner de l’argent, lequel est réinvesti dans de nouvelles publications ou sert à combler les dettes.
Contrairement aux salariés ou aux personnes qui touchent retraites, pensions ou des allocations chaque mois, le petit éditeur ne peut pas prévoir à l’avance combien il gagnera à la fin du mois. Personnellement, une fois déduits tous les frais professionnels (impression, téléphone, loyer, charges sociales, frais postaux, etc.), il me reste entre 0 et 1 000 euros environ, somme avec laquelle il faut régler les dépenses personnelles. Eh oui, il arrive certains mois que le salaire soit égal à zéro euro, surtout en début d’activité. Difficile dans ces conditions d’aller faire des courses ou de se faire plaisir. Dans ces cas-là, on achète avec les yeux et puis c’est tout.
Chez lui, l’auteur mécontent de ses ventes touche son salaire ou ses revenus, sans penser que son éditeur a travaillé pour rien pendant des semaines, qu’il ne récupèrera jamais l’argent investi dans l’impression et qu’il en est de sa poche.