Quand est-ce que vous aurez lu mon manuscrit ? (30/09/08)
Voilà un sujet qui tarabuste les auteurs, toujours impatients de connaître le sort réservé au fruit de leur travail. Avant de poursuivre, je vous invite à lire le post de mon amie Elisabeth Robert, auteur qui a monté sa maison d’édition. Je me retrouve complètement dans ce qu’elle écrit.
Bon, vous êtes allé lire son post ? Oui ? Alors je continue.
Eh oui, parfois on reçoit de drôles de choses.
Contrairement aux grosses structures qui ont du personnel rémunéré pour gérer les manuscrits, les lire, etc., l’éditeur d’une petite maison doit tout gérer seul. Parfois, alors que le manuscrit est arrivé la veille, l’auteur téléphone pour demander : « Vous avez lu mon manuscrit ? »
Je comprends l’attente des auteurs, mais ils doivent aussi assimiler le fait que les éditeurs et éditrices ne sont pas des machines en libre-service qui répondent dès qu’on appuie sur « Marche ».
Souvent, quand on reçoit les manuscrits, on travaille déjà sur d’autres livres et on a d’autres projets prévus. Du coup, on entasse les manuscrits parce que le temps manque pour les lire. Comme je le disais, pendant que l’on travaille sur un ouvrage (mise en page, corrections, couverture, service de presse…), on ne fait pas autre chose, d’autant qu’en même temps, il faut honorer les commandes qui arrivent, répondre aux mails et aux coups de fil, demander les devis imprimeurs, reporter les corrections des épreuves qui reviennent, discuter avec l’auteur du texte, de la quatrième de couverture, etc.
J’ai pris beaucoup de retard dans la lecture des manuscrits. Là, comme j’ai envoyé les épreuves à deux auteurs, j’ai quelques jours pour faire diminuer le stock de livres. Auteurs, attention j’arrive !
Pourquoi ne pas utiliser de lecteurs/lectrices direz-vous ?
J’ai testé cette formule au début de mon activité et j’ai arrêté pour des raisons de coûts : il faut rémunérer le lecteur et lui envoyer le texte. Quand vous dépensez 15 euros et que la personne vous dit que ce n’est pas publiable, sachant que beaucoup de manuscrits entrent dans cette catégorie, un petit éditeur ne peut pas dépenser 15 euros en pure perte multipliés par x manuscrits.
Oui, mais il existe des lecteurs bénévoles ! C’est vrai, mais là aussi il y a des frais d’envoi qui au final représente une coquette somme.