Liv'Editions : histoire d'une belle aventure (2/2)
D’où vous vient cette passion du livre ?
J’écris depuis toujours ; j’ai publié mon premier livre à l’âge de 16 ans, c’était un petit livre de poésie dont j’étais très fier. J’aime la lecture. J’aime les rencontres et la communication.
Quel est le chiffre d’affaires d’une maison comme la vôtre ?
Entre 400 000 et 500 000 euros/an.
De grandes maisons ont leur collection de poche qui occupent les linéaires des points de vente : Pocket, Folio, J’ai Lu, etc. D’après vous, y a-t-il de la place pour beaucoup d’éditeurs sur ce créneau ?
Il y a de la place pour tout le monde mais il faut savoir s’imposer comme dans toute chose. Ce qui me fait le plus peur c’est la durée de vie réduite du livre : 90 jours maxi dans un rayon !
Quelles sont les recettes pour gagner de l’argent sur le créneau du poche sachant que le prix du livre est peu élevé ?
Il faut tirer les prix sur la fabrication tout en faisant un produit de qualité et faire des tirages minimum de 3 000 à 5 000 exemplaires.
Sur un livre vendu 10 euros TTC, quel part revient à l’éditeur ?
Il reste environ 1,5 euros à l’éditeur à condition que le tirage soit totalement vendu. C’est sur la quantité des titres que l’éditeur tire son épingle du jeu.
Quel est le pourcentage que touche un auteur dans le domaine du poche ?
Chez nous environ 0,8 euro par livre vendu... mais il faut savoir que chez Livre de poche ou Folio le pourcentage est deux fois moins élevé.
Ne pensez-vous pas que depuis quelques années le livre a un peu perdu son âme avec le développement du marketing ?
Hélas ! Le livre est devenu un produit de consommation comme un autre. On ne parle plus de grands éditeurs, mais de gros groupes d’éditions...
Les étagères des librairies traditionnelles rétrécissent au profit des rayons livres des supermarchés. Coût serré, goût passe-partout, vite préparé, vite digéré, vite oublié, un livre chasse l’autre. Le produit doit partir tout de suite. Au-delà de la date de péremption on solde, ou c’est le pilon !
Bien sûr et heureusement, il n’y a pas que des fast-foods littéraires : il reste de bonnes maisons. Elles se font rares et reviennent de plus en plus chères...
Faut-il payer pour participer à un salon ? Si oui, est-ce rentable ?
Oui les salons sont en général payants et voire même très chers si l’on considère le Salon de Paris et d’autres... Dans l’ensemble nous amortissons nos frais et puis les salons sont des plates formes incontournables pour se faire connaître, rencontrer auteurs, collègues et lecteurs... un bon baromètre pour un éditeur.
Quels sont les meilleurs salons ?
Le Salon de Paris et celui de Carhaix en Bretagne.
La grande distribution demande-t-elle des marges arrières aux éditeurs comme elle le fait pour ses autres fournisseurs ?
Pour l’instant on ne nous a jamais rien demandé mais nous savons que les grands éditeurs passent à la caisse.
L’essentiel de votre chiffre d’affaires vient-il des librairies traditionnelles ou de la grande distribution ? Dans quelle proportion ?
L’essentiel du chiffre d’affaires vient des FNAC et de la grande distribution : 70 % environ.
Que pensez-vous de l’auto-édition ?
Je pense qu’il s’agit là d’une bonne méthode qui a malheureusement été salie par des mauvaises pratiques et des mauvaises maisons qui ont profité de certains auteurs. Je pense que chacun a besoin de réaliser son rêve (Si je ne l’avais pas réalisé moi-même, je ne serais pas éditeur aujourd’hui, après tout !) ; aujourd’hui il y a des procédés à prix modiques (impression numérique) pour faire des livres en petites quantités et à petits prix. Je considère que l’auto-édition est une bonne formule (on est jamais mieux servi que par soi-même) si la fabrication est confiée à un bon professionnel et si le manuscrit a été solidement corrigé avant publication !... pourquoi pas ?
Quel regard portez-vous sur votre métier ?
Cela fait aujourd’hui 12 ans que j’ai démarré ma société, et je suis toujours aussi enthousiaste... je ne cherche pas le grand succès... je me nourris des rencontres et des échanges intellectuels de ce métier et qui sont un vrai et véritable bonheur.
Combien de personnes travaillent avec vous aujourd’hui ?
Nous sommes à 4 personnes.
Combien de titres sortez-vous par an ?
20 titres par an environ.
Quel livre a été votre meilleure vente ?
Il s’agit du roman de La Marion du Faouët d’Yvonne Chauffin et de la série des romans policiers (8 au total) de Gabriel Vinet.
Y a-t-il plus de retour dans le poche par rapport aux éditions courantes ?
Tout est relatif et il y a toujours des exceptions, mais dans l’ensemble il y a moins de retour dans le poche que dans d’autres domaines.